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Aménagement du paysage

Chronique du développement des espaces libres

Général des espaces libres de 1929


Depuis les origines de Berlin jusqu'au 19ème siècle

Berlin et son paysage urbain sont nés de multiples cités, qui se sont peu à peu développées dans la vallée glaciaire de la Spree et sur les versants des hauts plateaux de Teltow et de Barnim. Dans un premier temps, des forêts apparaissent sur les sols peu fertiles, tandis que les sols meilleurs ou humides permettent la formation de prairies ou l'aménagement de champs. Les conditions naturelles des lieux et la voie de navigation de la Spree déterminent largement la situation des cités. Les cités des îlots de la Spree et les villages de Berlin et de Cölln constituent le noyau à partir duquel la ville s'étend dans la plaine de la vallée, au début de façon régulière, dans toutes les directions. Spandau et Köpenick, les noyaux urbains les plus proches dans la vallée de la Spree, connaissent d'abord un développement largement autonome. Jusque dans le dernier tiers du 19e siècle, la zone urbaine de Berlin se limite à des parties de la plaine qui occupe la vallée. Weißensee et Pankow, Lichtenberg et Schöneberg demeurent de petits villages autonomes.
 

Les années de Fondation

Pendant les années de Fondation, ce sont surtout des raisons d'ordre économique qui déterminent l'accroissement de Berlin. On couvre de bâtiments toutes les surfaces constructibles sans tenir compte des spécificités paysagères. La ville accapare le paysage. Des places ornementales, des promenades et de petits parcs apparaissent dans les »beaux quartiers«. On aménage également quelques parcs publics dans les quartiers ouvriers. Aujourd'hui encore, on compte ces parcs parmi les plus importants espaces verts du centre-ville à forte densité bâtie, à côté des jardins des châteaux et de l'ancienne réserve de chasse du prince électeur, située dans le Grand Tiergarten.
 

1910 – la première planification générale avec le »Jansen-Plan«

On procède à la première planification générale pour le Grand-Berlin en 1910, dans le cadre du Concours pour le Grand-Berlin, où le développement des espaces libres joue un rôle décisif. Le lauréat du concours, le »Jansen-Plan«, contient, outre des propositions de construction, un projet à part pour les espaces libres. Une ceinture intérieure, relativement petite, et une autre extérieure, plus large, formée de forêts, parcs, jardins et prairies devaient organiser Berlin. Ce plan a une influence considérable sur le développement de la ville. Sur la base de celui-ci est organisée une protection offensive des surfaces. Un grand nombre de propriétés urbaines et de forêts permanentes sont achetées, même en dehors de Berlin; des parcs publics et des jardins familiaux sont également aménagés.
 

1929 – Le Plan général des espaces libres

Le »Jansen-Plan« est aussi le modèle du Plan général des espaces libres de 1929, qu'élabore l'architecte de la ville Martin Wagner, premier urbaniste à avoir formulé des exigences minimales pour l'entretien des espaces libres. La ville doit à ce plan prévoyant sa ceinture de parcs, jardins familiaux et cimetières, ainsi que les vastes zones périphériques forestières et agricoles.
 

L'après-guerre et le »Scharoun-Plan«

Dans la période de l'après-guerre, le »Scharoun-Plan« ouvre la discussion sur un vaste projet de transformation urbanistique, qui, tout en rendant les caractéristiques naturelles du paysage berlinois à nouveau visibles et vivantes, a profondément détruit les structures architecturales développées jusqu'ici. Néanmoins, dans les années 1950, la reconstruction s'oriente surtout sur des structures déjà en place; seuls les amas de décombres constitués des ruines de la ville permettent d'aménager de nouveaux espaces verts (par ex. Insulaner, Teufelsberg – »le mont du diable«, Kippe im Friedrichshain – »remblai du Friedrichshain« et Oderbruchkippe im Volkspark Prenzlauer Berg – »remblai du Oderbruch dans le Parc public du Prenzlauer Berg«).
 

Les années 1960 et 1970

Ces années sont marquées, à Berlin-Ouest comme à Berlin-Est, par un aménagement de la ville favorable aux automobilistes et par un usage intensif des espaces libres. La planification des espaces verts au cours de ces années entre dans le cadre de plans majeurs: le Plan d'organisation du territoire de 1953 pour Berlin-Est (Raumordnungsplan) et le Plan d'occupation des sols de 1956 pour Berlin-Ouest (Flächennutzungsplan – FNP) – et se limite, dans ses concepts, à une amélioration de la liaison entre les espaces verts existants.
 

Les années 1980

Ce n'est qu'avec l'entrée en vigueur des Lois fédérales et régionales pour la protection de la nature que l'on commence à élaborer le Programme d'aménagement du paysage et de protection des espèces et les plans de paysage. On collecte avec un effort considérable des informations essentielles des composantes de la nature et du paysage, et on développe des méthodes et des processus adéquats d'évaluation. En prenant en considération toutes les données importantes et les saisies complémentaires, on élabore, avec le soutien de l'Atlas d'informations environnementales (Umweltatlas), le premier Programme d'aménagement du paysage et de protection des espèces (LaPro).
 
Ce plan est adopté en 1988 pour ce qui est à l'époque Berlin-Ouest. Il comprend quatre parties:
  • Écosystème et protection de l'environnement,
  • Protection des biotopes et des espèces,
  • Configuration du paysage et
  • Loisirs et activités de plein air.
On crée parallèlement le Plan d'occupation des sols (Flächennutzungsplan, POS), qui détermine, au même titre que le Programme d'aménagement du paysage et de protection des espèces (Landschaftsprogramm et Artenschutzprogramm), le type et l'étendue de l'occupation.
 

Les années 1990

Après la chute du Mur, le Programme de Berlin d'aménagement du paysage et de protection des espèces s'étend à l'ensemble de la ville, parallèlement avec le Plan d'occupation des sols. Le 27 octobre 1990, le Service du Sénat de la ville pour le développement urbain et la protection de l'environnement (Senatsverwaltung für Stadtentwicklung und Umweltschutz) prend cette décision avec le service municipal de l'environnement et de la protection de la nature, désormais révolu.
Dans la prévision d'un développement rapide de la métropole, on prend comme base de planification un accroissement maximal de 300.000 habitants dans la ville et de 1,5 millions dans l'ensemble de la région. On estime en outre à 550 hectares au plus l'accroissement des zones destinées à la construction d'industries, de bureaux et de commerces.
On a pu atteindre des résultats importants grâce à cette procédure, comme la protection du système des espaces verts, celle des espaces de compensation et d'agrément, importants sur le plan climatique.
 

1994

Le Programme d'aménagement du paysage et de protection des espèces décidé le 15 mars par le Sénat de Berlin est adopté le 23 juin par la Chambre des députés (Abgeordnetenhaus).
Le but est de transposer les objectifs de développement et les mesures du Programme d'aménagement du paysage et de protection des espèces à tous les niveaux de l'aménagement – tels que l'urbanisme réglementaire, l'urbanisme prospectif, l'aménagement du territoire – qui soient en concordance avec les projets d'aménagement du Land voisin, et qui comprennent aussi bien des projets individuels, des compétitions que des principes généraux. Cette responsabilité incombe à toutes les instances régionales du Land de Berlin. Elle va de l'initiation et de la planification du projet jusqu'à sa mise en œuvre. Parmi les instruments juridiques de protection de l'environnement, on dénombre les plans d'aménagement du paysage, la réalisation d'études d'impact, les concepts de paysagisme, les règlements relatifs à des zones protégées, le programme de conservation des espèces, les autorisations, etc..
En 1999, le Projet urbain général de compensation initialise le processus d'actualisation du Programme d'aménagement du paysage et de protection des espèces, sur la base de la modification du Code fédéral de l'urbanisme, qui, dans le cadre de la planification urbaine, rend la réglementation relative à l'impact sur l'environnement plus flexible.
La mise à jour du Programme d'aménagement du paysage et de protection des espèces se fait régulièrement, en parallèle avec celle du Plan d'occupation des sols, autant que nécessaire.
 

2000

Avec le recul du bâtiment et des travaux publics dans Berlin et la crise financière du Land, de nouvelles priorités de l'aménagement du territoire doivent être établies. Par conséquent, un Projet d'urbanisme prospectif pour 2020 (Stadtentwicklungskonzept ou STEK) est élaboré; il fixe trois priorités pour le domaine de l'aménagement des espaces verts et des espaces libres:
  • le Projet urbain général de compensation (décision de 2004 de la Chambre des députés),
  • le raccordement de la structure des "20 voies principales vertes", en prenant en compte le Réseau de biotopes et
  • des stratégies pour des usages temporaires d'espaces verts.
On prévoit de discuter publiquement du Projet de développement urbain prospectif, surtout au Stadtforum (Forum de la Ville) de Berlin.